[création de personnage] Les Héros de BD – Première partie

Fiche 1 - la création de personnage, Le Défi
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Premier stip des Petits Ardennais – © Cyril Leclercq

Les héros de la bande dessinée ont été longtemps un mystère pour moi. Quand j’étais gamin, plongé dans mes albums, j’étais Tintin, j’étais Tanguy ou j’étais Alix. J’aimais bien m’identifier à ces héros super courageux qui ne craignaient personnes. Ces personnages étaient tellement au-dessus de tout qu’ils en devenaient presque intouchables. Les méchants ne pouvaient rien contre eux car ils étaient le bien incarnés et sur l’échelle de mon admiration ils étaient juste en dessous de ma mère 🙂

Depuis j’ai grandi et je me suis intéressé à d’autres personnages plus sombres, plus torturés tout du moins beaucoup plus complexes. J’aime toujours lire un bon Tintin mais adulte, la profondeur du capitaine Haddock et de ses défauts bien plus humains font échos à ma propre condition. J’aimerais qu’on discute ici de la typologie des héros de bandes dessinées.

1-Le héros classique

Tintin, Lucky Luke, asterix

© Cyril Leclercq

Loin du Super héros des comic’s américains, le héros classique n’a pas de super pouvoir ou de talent particulier. C’est un être humain auquel nous pouvons nous identifier. Mais il a la particularité d’être hors du commun. Ses qualités humaines, comme l’audace ou le courage, sont très développées. Il est plus astucieux, plus audacieux, plus débrouillard que la plupart de nous. Comme on le dit par chez nous, il a ce qu’il faut où il faut 🙂

Le gendre idéal…

Comme tout être humain, le héros classique n’est pas sans défaut. Il a ses faiblesses… qu’on peut qualifier de “sympathiques”. Il est maladroit mais toujours à son avantage, il est curieux mais la curiosité qui pousse à aller dans une rue sombre pour sauver quelqu’un, il est colérique mais la colère contre la tyrannie. Bref un gars bien ! mais ses défauts ne l’affligent jamais et ils sont plus une marque d’attachement.

Enfin, le héros classique est toujours habité d’un idéal de générosité. Il se bat toujours pour une cause perdue. Il sauve la veuve et l’orphelin sans rien demander en retour. Bref, un gars bien j’vous dis ! Il est le défenseur des opprimés, le pourfendeur des tyrans et part à l’aventure quitte à se mettre en danger face à l’adversité.

Par contre, la caractéristique principal de ce personnage, c’est qu’il n’a pas d’histoire. En tout cas, ce n’est pas le plus important. Si on prend en référence Tintin ou Lucky Luke, on n’a pas de détails concernant leurs vies personnelles. Et ça marche quand même.

Quelques exemples de héros classiques : Tintin, Astérix, Lucky-Luke

2-Le héros moderne

Corto Maltese à ma façon

© Cyril Leclercq

Ce qui différencie le héros moderne du héros classique, c’est sa complexité. Sa psychologie est beaucoup plus poussée et il est moins conformiste. Il ne cherche généralement pas l’aventure, c’est elle qui vient à lui. Son histoire, plus profonde, en fait un homme tourmenté et plus vulnérable auquel il est encore plus facile de s’identifier.

… et celui que les filles préfèrent !

De la même façon, ses traits sont souvent plus marqués. On peut deviner sur son visage les épreuves de la vie. Et nul doute qu’elles ont été douloureuses. On comprend alors la nonchalance ou le calme apparent d’un homme résigné. Ou à contrario, on peut imaginer un homme ordinaire plongé malgré lui dans des aventures qu’il n’a pas souhaités.

Mais ça reste un héros ! Lui aussi, c’est un bon gars ! C’est plus difficile de le présenter à sa mère, mais il reste un authentique bourreau de méchants. Ses qualités sont exceptionnelles et toujours supérieures à son rival. Ne cherchez pas, il gagne à la fin même s’il doit le faire deux épisodes.

La caractéristique de ce personnage c’est justement d’avoir une histoire propre. En tout cas il a une origine ou un passé qu’il l’a forgé. Bref sa profondeur est plus grande et plus riche.

Quelques exemples de héros modernes : Corto Maltese, Blueberry, Largo Winch

3-Les héroïnes

Nävis et Laureline à ma façon

© Cyril Leclercq

Aujourd’hui les filles tiennent de plus en plus le rôle principal dans la bande-dessinée. Elles ont pourtant été souvent le faire-valoir, l’atout charme ou la fiancée du héros. Elle ne participait pas à l’aventure ou en était la quête. Au même titre que ses homologues masculins, l’héroïne porte maintenant toutes les casquettes. Classiques ou modernes, fortes ou amusantes, elles sont l’égérie de toute une génération.

Une concurrence sérieuse pour les hommes.

En apparence fragile et vulnérable, l’héroïne de BD est plus exposée au danger et aux menaces de ses ennemis. Et c’est très intéressant pour le ressort scénaristique. Là où le héros masculin doit maitriser la situation de part sa nature, la femme a le droit au doute. Le panel des émotions lié à sa condition permet de jouer plus facilement sur la corde sensible du lecteur. Mais c’est sans compter aussi sur sa nature hors du commun qui se dévoile face à l’adversité.

Bref, l’héroïne permet au scénariste imaginatif de créer un monde encore plus riche. L’atout charme fonctionnera toujours pour cacher la force de cette femme exceptionnelle.

Quelques exemples d’héroïne : Laureline, Nävis

En conclusion

Pour cette première incursion dans le monde de la bande dessinée où je vous présente les types de personnages existant, nous avons vu les héros classiques et modernes, féminins et masculins. Aller voir mes prochaines vidéo sur la création d’un personnage de bande dessinée classique et moderne. Je vous dis à bientôt.

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